études et travaux  sur les livres  de Gisèle Bienne


Gisèle Bienne. Figures de l’altérité.

Etudes réunies et présentées par Catherine Rannoux, Presses Universitaires de Rennes, « La Licorne » n°95, 2011, 188 p.

 

Cet ouvrage, paru en 2011, rassemble dix contributions dont certaines correspondent à la version écrite de travaux qui ont été présentés à Reims en juin 2009 lors d’une journée d’étude consacrée aux livres de Gisèle Bienne . Toutes examinent les formes que revêt l’altérité et les fonctions qu’elle joue dans une œuvre où elle est omniprésente. Aussi est-ce assez logiquement que l’ouvrage se divise en deux parties qui se répondent : l’une met en évidence les différents dialogues entretenus dans les textes de Gisèle Bienne avec les « voix/voies de l’autre » ; l’autre explore les formes que prend « la quête identitaire » dans l’œuvre.

 

C’est Gisèle Bienne qui, la première, parle de « ses autres » : ce sont d’abord, pour elle, des lieux familiers (le  mur d’un porche, un jardin en friches, les chambres inoccupées de la maison) où elle a connu les premiers émois de la création ; puis des peintres et des auteurs, qu’à travers les minces prétextes de ces lieux elle découvrit avec enthousiasme (Chagall, Kandinsky, Aragon, Breton, Michaux, Perec, Cendrars et d’autres poètes), et qui la firent à son tour et en tous sens se découvrir.

 

La première partie de l’ouvrage comprend ensuite quatre études qui soulignent la dimension dialogique d’une œuvre qui fait pièce aux silences. D’abord Michel Bertrand observe, avec pertinence, comment Gisèle Bienne, dans La Ferme de Navarin, mêle pèlerinage intime et récit de l’histoire d’un autre pour dépasser, par l’écriture qui lie et relit, les silences obstinés des blessés du réel. Plus près du texte, Catherine Rannoux montre, quand à elle, comment les représentations diverses et parfois divergentes de la langue tendent à prescrire, dans trois des romans de l’auteure, le retrait. Mais le silence dans l’œuvre, s’il permet d’approcher le mot juste, signale aussi souvent l’impossibilité de le trouver. Cela n’empêche pas Gisèle Bienne, de faire jouer, dans ses textes, la poétique plasticité des mots (y compris, des noms propres). En suivant, Griet Theeten étudie les formes variées que prend « la mémoire de la grande guerre » dans les romans de l’auteure qui évoquent la première guerre mondiale. Derrière l’apparente hétérogénéité des représentations de cette guerre dans l’œuvre, se dessine un parcours qui, de l’évocation lyrique de l’impact du conflit au récit de la trace, témoigne chez Gisèle Bienne d’un besoin croissant de remplir un devoir de mémoire. Patrick Joole démontre, lui aussi, la cohérence générale de l’œuvre. Il repère, dans trois des romans de l’auteure, de nombreuses analogies, visibles dans le traitement des lieux et du temps, mais aussi dans la construction même du texte et dans le jeu des voix narratives. Et s’il nous invite à rapprocher les trois héroïnes de ces textes, qui se rejoignent tant dans leurs silences contraints que dans les formes que prennent leurs voix narratives, c’est que leur rapport au langage est représentatif du « tissage vocal » qui est une des constantes de l’œuvre de Gisèle Bienne."

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 Source : Anne-Lise Blanc, « Gisèle Bienne. Figures de l’altérité. Etudes réunies et présentées par Catherine Rannoux », Littératures [En ligne], 68 | 2013, mis en ligne le 15 mars 2014, consulté le 14 mars 2015. URL http://litteratures.revues.org/11 M.


Autres TRAVAUX

Mémoire de master, consacré aux Jouets de la Nuit, Gallimard, collection Page blanche, par Anna Vakiatzi: Problemi di una traduzione dal francese al neogreco attraverso l’opera di Gisèle Bienne : Les jouets de la nuit, sous la direction de Lucia Marcheselli, Université de  Trieste, Italie 1991.

 

DEA sous la direction de Georges Molinié, Université de Paris-Sorbonne, par Michelle Renault, Les cinq tentations de Marie-Salope, 1993.

 

Thèse de Doctorat, sous la direction de Georges Molinié, Université de Paris-Sorbonne, par Michelle Renault, Genèse de l’œuvre de Gisèle Bienne, Naissance d’une écriture,  1998.

 

Essai de Loraine Day, Professeur à l’Université de Southampton Highfield,   Gisèle Bienne’s Marie-Salope : Maternal (dis)identification, agression and creativity,    Southampton, 1996.

 

 Mémoire de Master, sous la direction de Loraine Day, par Laura Buchanan : Le thème de l’enfance dans les romans de Gisèle Bienne, Université de Southampton, 1998.

 

Thèse de Doctorat par Griet Theeten, La Grande Guerre en fiction : la représentation de la Première Guerre mondiale dans la littérature française de l’extrême contemporain, sous la direction de Pierre Schoentjes, (plusieurs pages consacrées à Gisèle Bienne), Université de Gent, Belgique, 2009.

 

 Mémoire de Master I, sous la direction de Michel Bertrand, Guerre et mémoire dans La ferme de Navarin de Gisèle Bienne, Gallimard, par Anaïs Bernard, Université Aix-Marseille, 2014.

 

Mémoire de Master II par la même étudiante, même directeur de travaux, sur L’étrange solitude de Manfred Richter, Actes Sud.

 

Etudes d’historiens, 14-18 aujourd’hui, la Grande Guerre dans la France contemporaine de Nicolas Offenstadt, Odile Jacob, 2010, et voir les pages réservées à G. Bienne.

 

Noter l'étude de Metka Z.

 

D'autres références vont suivre.